Lomé, le 19 mars 2026-(©AfreePress)- L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF), Tata Avlessi, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur, la récente décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), relative au retrait du titre de champion d’Afrique au Sénégal au profit du Maroc, deux mois après la finale de la CAN 2025.
Dans une déclaration au ton particulièrement incisif, l’ex-dirigeant du football togolais qualifie cette décision d’« inique et infondée », y voyant un « coup d’assommoir porté au football africain ». Une prise de position qui traduit le malaise grandissant au sein des acteurs du sport continental face à une décision sans précédent.
Rendue le 17 mars 2026 par le Jury d’appel de la CAF, la décision s’appuie sur l’article 82 du règlement de la compétition, évoquant le cas d’une équipe considérée comme perdante en cas d’abandon de match. Une interprétation que conteste fermement Tata Avlessi, qui s’interroge sur sa pertinence au regard du déroulement effectif de la finale, remportée (1-0) par le Sénégal après prolongation.
« Comment peut-on parler d’abandon pour un match allé à son terme ? », s’interroge-t-il, dénonçant une lecture qu’il juge biaisée et juridiquement fragile.
Au-delà de la décision elle-même, Tata Avlessi met directement en cause la gouvernance actuelle de la CAF, pointant du doigt son président, Patrice Motsepe. Il accuse ce dernier d’alignement excessif sur le président de la Fédération internationale de football association, Gianni Infantino.
Selon lui, cette proximité aurait contribué à une décision qu’il qualifie de « farce », portant atteinte à la crédibilité des instances dirigeantes du football africain.
Dans sa déclaration, l’ancien patron de la FTF exhorte les 54 associations membres de la CAF à « prendre leurs responsabilités » face à ce qu’il considère comme des dérives graves. Il appelle également à un élan de solidarité en faveur du Sénégal, invitant les autorités sportives du pays à poursuivre la procédure engagée devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne.
Tata Avlessi rappelle, à cet effet, sa propre expérience devant cette juridiction en 2008, qu’il cite comme exemple d’un recours pouvant permettre de rétablir le droit.
S’il reconnaît les progrès remarquables du Maroc ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures et de performances internationales, l’ancien dirigeant estime que le Royaume n’avait nul besoin d’une telle décision pour asseoir sa stature. Il met en garde contre les risques de division que cette affaire pourrait engendrer au sein du football africain.
Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière une crise de confiance profonde envers les instances du football africain. Entre contestations internes, interrogations juridiques et tensions politiques, la CAF se retrouve au cœur d’une tempête qui pourrait durablement affecter son image et son autorité.
Olivier A.










