Lomé, le 24 mai 2024-(©AfreePress)-Aimé Tchabouré Gogué, président de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), est farouchement opposé à la nouvelle Constitution adoptée le 25 mars par l’Assemblée nationale et promulguée le 6 mai 2024 par le président de la République.
Invité jeudi 23 mai 2024 sur radio Nana FM, le nouveau chef de file de l’opposition a réaffirmé la volonté de son parti, représenté par deux députés à l’Assemblée nationale, de combattre cette constitution. Il estime que le processus ayant mené à son adoption n’a pas respecté les textes réglementaires du pays.
« Le problème que nous avons actuellement, c’est cette affaire de nouvelle constitution. C’est une constitution totalement illégale qui a été adoptée suivant une procédure en dehors du cadre légal. C’est un coup d’État constitutionnel. Certains pensent qu’en siégeant à l’Assemblée nationale, on cautionne cette constitution, tandis que d’autres pensent qu’en siégeant, on a la capacité de lutter contre elle. À notre niveau, nous pensons que siéger est la bonne décision, car ce sont les populations qui ont voté pour nous et nous devons défendre leurs causes. Nous ne jugeons pas ceux qui décident de ne pas siéger, mais l’important est de savoir que ceux qui siègent et ceux qui ne siègent pas ont le même objectif : lutter contre cette constitution », a indiqué Prof. Aimé Gogué.
Il appelle à une synergie d’action entre l’opposition dans son ensemble et le peuple pour faire bloc contre l’application de cette nouvelle loi.
« Comment peut-on adopter une constitution sans consulter la population ? Le peuple n’a pas pris connaissance du contenu de cette constitution, or celle-ci définit les règles qui régissent les rapports entre les citoyens. Nous estimons que ce sujet devrait être discuté de manière ouverte », a déclaré Prof. Gogué, doyen d’âge de la 7e législature.
Concernant les résultats des élections législatives et régionales, le président de l’ADDI persiste et signe. Selon lui ces élections n’ont pas été transparentes. Il dénonce par ailleurs la violence exercée sur certains de ses membres le jour du vote ainsi que l’arrestation d’autres.
« Un de nos candidats a été tabassé le jour du vote. Au lieu que la sécurité intervienne pour interpeller les auteurs de cette violence, certains de nos membres ont été arrêtés. Ce qui a conduit à l’arrestation de mes jeunes, c’est que des gens sont venus bourrer les urnes et ils se sont révoltés. Au lieu d’arrêter les fraudeurs, on arrête plutôt les jeunes qui dénoncent le bourrage d’urnes », a-t-il dénoncé.
Il faut noter que la nouvelle Assemblée nationale, qui a fait sa rentrée officielle le 21 mai dernier, est composée de 108 députés du parti au pouvoir UNIR (Union pour la République) et de 5 députés de l’opposition, dont 2 pour l’ADDI, 1 pour la DMP, 1 pour l’ANC et 1 pour les FDR.
Raphael A.










