Lomé, le 1er octobre 2024-(©AfreePress)-L’association féministe « Ekina » a pris une initiative décisive dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) au Togo. Le lundi 30 septembre 2024, un atelier de formation et de sensibilisation a été organisé à l”initiative de cette association à Lomé, réunissant une cinquantaine de journalistes.
Ce programme, financé par le Fonds PANANETUGRI, s’inscrit dans le cadre du projet ambitieux intitulé : « Implication des médias dans la lutte contre les VBG et les stéréotypes au Togo ». L’objectif principal de cette démarche est de former les professionnels des médias à aborder ces thématiques sensibles avec responsabilité, tout en les encourageant à sensibiliser le public pour réduire l’incidence de ces violences.
Les médias jouent un rôle central dans la diffusion de l’information et peuvent contribuer à la formation de l’opinion publique sur les questions de genre. Comme l’a souligné à l’ouverture des travaux, Hélène Doubidji, présidente de l’association “Ekina”, « les médias peuvent soit perpétuer les stéréotypes de genre, soit participer à leur déconstruction ». Dans cette optique, l’atelier visait à sensibiliser les journalistes sur leur responsabilité dans la manière dont ils couvrent les sujets relatifs aux VBG.
L’atelier a permis aux participants de bénéficier à la fois de connaissances théoriques et d’exercices pratiques. Ils ont approfondi leur compréhension des VBG et des stéréotypes de genre, ainsi que leurs conséquences dévastatrices. Grâce à des interventions d’experts, les journalistes ont acquis des outils pratiques pour adopter un journalisme sensible au genre, capable de véhiculer des messages justes et d’œuvrer à l’égalité des sexes.
Les sessions ont été animées par des spécialistes, dont Épiphanie Houmey Eklou-Koevanou, cheffe du programme gouvernance démocratique au PNUD, Patricia Adjissekou, journaliste et cheffe des programmes à radio Kanal FM et Hélène Doubidji, directrice de publication d’EkinaMag.
Les discussions ont porté sur divers sujets essentiels, notamment la compréhension des VBG, le rôle des médias dans leur prévention, et les stratégies pour une couverture journalistique sensible aux questions de genre.
Les statistiques partagées lors de l’atelier ont mis en lumière l’ampleur des violences faites aux femmes dans le monde. Selon ONU Femmes, l’Afrique est le continent où les femmes courent le plus grand risque de subir des violences infligées par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Au Togo, une étude d’Afrobaromètre de 2022 a révélé que près de la moitié des Togolais trouvent justifiable qu’un homme frappe sa femme. Ces données illustrent l’urgence de la situation et la nécessité d’une intervention efficace des médias.

L’association “Ekina”, avec le soutien du Fonds PANANETUGRI, ne compte pas s’arrêter à cette première étape de sensibilisation. Ce projet s’étend sur six mois, avec une série de formations, des reportages approfondis, et une campagne digitale contre les VBG. Des publications régulières, telles que des vidéos et podcasts, seront diffusées sur les plateformes d’EkinaMag, afin de sensibiliser un large public.
Le projet « Implication des médias dans la lutte contre les VBG et les stéréotypes au Togo » a pour objectif général de faire des médias un levier puissant dans la lutte contre ces violences. Les objectifs spécifiques incluent la formation des journalistes, la production de reportages approfondis, et la sensibilisation du public à travers les canaux numériques. L’idée est de donner aux journalistes les moyens de traiter ces sujets avec rigueur, en mettant fin à la banalisation des violences et en influençant positivement l’opinion publique.
Pour atteindre ces objectifs, l’accent a été mis sur la formation des journalistes, particulièrement des jeunes femmes, souvent confrontées à des enjeux de genre dans leur propre profession. La formation a notamment mis en lumière l’importance de choisir des termes appropriés lors de la couverture des VBG, afin de ne pas renforcer les stéréotypes ou minimiser la gravité des actes.
Le projet vise à créer une véritable prise de conscience chez les journalistes. En les dotant des compétences nécessaires pour une couverture juste et sensible aux questions de genre, le projet espère que ces derniers deviendront des alliés de taille dans la lutte contre les VBG. De plus, à travers des reportages bien documentés et une couverture médiatique précise, les journalistes pourront influencer positivement la société togolaise dans son ensemble.
En œuvrant à travers les médias, l’association “Ekina” espère également améliorer la représentation des femmes dans les médias, souvent limitée ou stéréotypée. Elle encourage une approche plus équilibrée qui reflète véritablement la diversité et la contribution des femmes à la société togolaise. Cet engagement s’inscrit dans une démarche plus large pour promouvoir l’égalité professionnelle dans les rédactions et lutter contre toutes les formes de discrimination.
Dans le cadre de ce projet, une vaste campagne digitale sera lancée, comprenant des vidéos, des podcasts, et des illustrations visant à sensibiliser le grand public aux conséquences des VBG et aux stéréotypes de genre. Cette campagne, diffusée sur plusieurs plateformes en ligne, s’adresse à un public large et vise à amplifier le message de prévention et de lutte contre ces violences.
Olivier ADJA










