Lomé, le 09 novembre 2025-(©AfreePress)- L’endométriose demeure une affection gynécologique peu connue au Togo, bien qu’elle touche, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 10 % des femmes en âge de procréer, soit environ 190 millions de personnes à travers le monde.
Cette maladie chronique, souvent silencieuse, se manifeste par la présence d’un tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant des douleurs intenses, parfois invalidantes, et des difficultés de conception.
Selon la microbiologiste et experte en endométriose Dr Nadège Adigone, l’affection reste mal diagnostiquée au Togo faute d’information et de sensibilisation. « Beaucoup de femmes vivent avec la douleur sans savoir qu’elles sont atteintes d’endométriose », déplore-t-elle.
Une maladie complexe aux causes multiples
Les causes exactes de l’endométriose demeurent encore mal comprises. Les chercheurs évoquent une combinaison de facteurs hormonaux, génétiques, immunitaires et environnementaux. Certains cas seraient liés à des règles rétrogrades, à une mauvaise réponse immunitaire ou encore à la présence de perturbateurs endocriniens.
Des symptômes souvent banalisés
Les principaux signes sont des douleurs pelviennes intenses, souvent accentuées pendant les règles, les rapports sexuels ou la défécation. D’autres symptômes peuvent inclure des saignements abondants, des nausées, des troubles digestifs ou encore une fatigue chronique.
Dans les cas sévères, la maladie peut entraîner la formation de tissus cicatriciels ou de kystes ovariens, altérant la fertilité et la qualité de vie.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic de l’endométriose est souvent long et complexe : il repose sur l’échographie pelvienne, l’IRM ou, dans certains cas, sur une intervention chirurgicale exploratoire.
Selon les estimations médicales, près de 40 % des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques seraient atteintes d’endométriose sans le savoir.
S’il n’existe pas encore de traitement curatif, une prise en charge adaptée permet d’atténuer les douleurs : anti-inflammatoires, contraceptifs hormonaux, voire interventions chirurgicales pour retirer les lésions. Dans les cas d’infertilité, des solutions comme la fécondation in vitro (FIV) ou l’insémination intra-utérine (IIU) peuvent être envisagées.
Une sensibilisation nécessaire au Togo
Face à la méconnaissance de la maladie, Dr Nadège Adigone milite pour une meilleure information du grand public. Elle a récemment publié deux ouvrages : « L’endométriose : reconnaître et libérer » et « Le journal de survie d’une endo girl », dans le but de rompre le silence et soutenir les femmes touchées.*
BLEWOUSSI René









