Lomé, le 04 juillet 2026 (©AfreePress) – La capitale togolaise confirme un peu plus son statut de plateforme majeure de la diplomatie africaine. Au terme de la Conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA), organisée les 3 et 4 juillet à Lomé, les participants ont adopté une déclaration finale qui marque une nouvelle étape dans la volonté du continent de parler d’une seule voix face aux bouleversements géopolitiques internationaux.
Placée sous le thème : « Afrique et crise au Moyen-Orient : impacts, défis et réponses stratégiques », cette rencontre de haut niveau a réuni les ministres des Affaires étrangères et de hauts responsables gouvernementaux d’une trentaine d’États africains, en présence de délégations du Golfe, d’Iran, de représentants de l’Union africaine ainsi que d’organisations régionales.

Présidés par le Chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, les travaux ont également enregistré la participation du président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la CEDEAO, illustrant l’importance politique accordée à cette initiative diplomatique.
Une Afrique déterminée à anticiper les répercussions du conflit
Au-delà de la solidarité diplomatique, les États membres de l’Alliance Politique Africaine ont dressé un constat lucide des conséquences multidimensionnelles de la crise au Moyen-Orient sur les économies africaines.
La déclaration souligne notamment que les tensions persistantes dans cette région stratégique alimentent la volatilité des prix de l’énergie, perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales, renchérissent les coûts du transport maritime et accentuent les pressions inflationnistes auxquelles sont confrontés de nombreux pays africains.

Les ministres mettent également en garde contre les risques sécuritaires découlant de cette instabilité, évoquant la montée des menaces transnationales, notamment le terrorisme, la cybercriminalité, les campagnes de désinformation ainsi que l’intensification des rivalités géopolitiques susceptibles d’affecter davantage le continent.
De la résilience économique à la souveraineté stratégique
Les participants ont insisté sur la nécessité pour l’Afrique de transformer ces défis en opportunités de renforcement de sa résilience.
Le texte préconise ainsi une accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), considérée comme un levier majeur pour réduire la dépendance extérieure et stimuler le commerce intra-africain.

La déclaration encourage également le développement des infrastructures énergétiques, l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, la constitution de réserves alimentaires stratégiques ainsi que le renforcement des mécanismes africains de financement et de coopération en matière de défense et de sécurité.
Les signataires appellent par ailleurs à une modernisation des capacités africaines de gestion des crises, afin de permettre au continent d’anticiper les chocs internationaux plutôt que d’en subir durablement les conséquences.
Un plaidoyer pour la désescalade et le dialogue
Sur le plan diplomatique, les États membres réaffirment leur attachement au règlement pacifique des différends et exhortent l’ensemble des protagonistes de la crise au Moyen-Orient à privilégier la voie du dialogue.
Ils condamnent toutes les violences dirigées contre les populations civiles, rappellent l’obligation de respecter le droit international humanitaire et saluent les initiatives diplomatiques engagées ces dernières semaines en faveur d’une désescalade.

La déclaration souligne également l’importance stratégique de la sécurité des principales routes maritimes internationales, notamment le détroit d’Hormuz, le détroit de Bab-el-Mandeb, la mer Rouge et le canal de Suez, dont la stabilité demeure essentielle au commerce mondial et aux économies africaines fortement dépendantes des échanges internationaux.
Lomé ouvre la voie à un dialogue Afrique–Moyen-Orient
L’une des principales décisions issues de cette conférence réside dans la création prochaine d’un Cadre stratégique de dialogue Afrique–Moyen-Orient.
Cette plateforme ambitionne d’instaurer un mécanisme permanent de concertation entre les deux espaces géopolitiques autour des enjeux de paix, de sécurité, de développement économique, d’investissements, de sécurité alimentaire et de coopération énergétique.
Les participants ont également convenu de maintenir une veille diplomatique permanente sur l’évolution de la situation régionale afin d’adapter les réponses africaines aux mutations du contexte international.
Lomé consolide son rôle de capitale du dialogue africain
En accueillant cette rencontre de haut niveau, le Togo confirme son positionnement comme un acteur majeur de la diplomatie préventive sur le continent.
Au-delà de la déclaration adoptée, la conférence illustre l’ambition croissante des États africains de participer activement à la gouvernance des grandes questions internationales plutôt que d’en demeurer de simples observateurs.

En clôturant les travaux, les responsables réunis à Lomé ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une Afrique plus résiliente, souveraine et proactive face aux crises mondiales, dans le respect des principes du dialogue, du multilatéralisme et de la coopération internationale.
Cette conférence intervient dans un environnement international marqué par les conséquences persistantes des tensions au Moyen-Orient. Les perturbations des chaînes logistiques mondiales, les fluctuations des marchés pétroliers et les risques pesant sur les principales voies maritimes ont ravivé les inquiétudes des économies africaines, largement dépendantes des importations énergétiques et des échanges commerciaux internationaux. Face à cette conjoncture, plusieurs États africains multiplient les initiatives diplomatiques afin de défendre les intérêts stratégiques du continent dans les grands dossiers internationaux.
Olivier A.










