Kampala, le 20 février 2025 – (©AfreePress) – La salle Acacia du Speke Munyonyo Hôtel à Kampala, en Ouganda, a accueilli, mercredi 19 février 2025 un événement parallèle de grande envergure, réunissant des acteurs clés des services d’eau, des représentants gouvernementaux, des organisations internationales et des acteurs du secteur privé. L’objectif de cette rencontre était d’analyser en profondeur les causes à l’origine de l’eau non facturée et de la pollution des sources d’eau à cause des activités minières en Afrique – tant illégales que traditionnelles – sur la qualité de l’eau en Afrique.
Au cœur des échanges figuraient les défis liés à la pollution issue de l’exploitation minière, au vieillissement des infrastructures hydrauliques et aux insuffisances des systèmes de gestion de l’eau. À travers des présentations pointues des experts et des discussions animées en panel, les participants ont tenté d’identifier les principales causes des pertes et de la dégradation de la qualité de l’eau en Afrique, tout en proposant des solutions concrètes et innovantes.
L’eau non comptabilisée : un défi majeur pour les sociétés de distribution
Modérateur sur ce panel, M. Camille DANSOU, ancien Directeur général de la Société nationale des eaux du Bénin (ONEB), a mis en lumière la problématique de l’eau non facturée à laquelle font face les sociétés africaines de distribution d’eau. « Notre session, organisée par l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA) avec le soutien de l’USAID, a permis d’explorer la réduction de l’eau non facturée comme levier essentiel pour renforcer la durabilité des services d’eau potable en Afrique », a-t-il déclaré.
Les discussions ont mis en évidence que l’eau non comptabilisée constitue un enjeu crucial pour les sociétés d’eau africaines, en raison de ses implications techniques, commerciales, institutionnelles et en matière de leadership. Selon M. DANSOU, une approche holistique, débutant par un audit systématique suivi d’un plan stratégique d’action, est indispensable pour réduire les pertes d’eau. L’objectif visé est de ramener le taux de pertes en dessous des 20 %, voire idéalement aux alentours de 15 %.
Des enjeux accrus par le changement climatique
Dans un contexte où les effets du changement climatique réduisent la disponibilité des ressources en eau, tandis que la croissance démographique et économique accentue la demande, la question de l’optimisation de la gestion de l’eau devient cruciale. Un exemple concret a été donné : « Pour une société produisant annuellement 50 millions de m³ d’eau, chaque point de réduction des pertes permettrait de fournir de l’eau potable à 30 000 voire 40 000 personnes supplémentaires », a illustré M. DANSOU.
Des solutions concrètes pour une gestion durable
Les experts présents ont formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’importance de la constitution d’une base de données solide sur les pertes, la mise en place d’outils de planification efficaces et le renforcement de la collaboration intersectorielle. Ils ont également souligné le rôle du leadership et de l’engagement des sociétés de distribution d’eau dans la mise en œuvre de stratégies adaptées.
Olivier ADJA










