©AfreePress-(Lomé, le 09 octobre 2023)- « Les catastrophes météorologiques ont provoqué 43,1 millions de déplacements internes d’enfants dans 44 pays sur une période de six ans, soit environ 20 000 par jour ». C’est ce que relève un nouveau rapport rendu public, le 6 octobre 2023 par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).
Ce rapport, intitulé « Enfants déplacés par les changements climatiques », est le premier du genre à se pencher sur le sort des enfants contraints de quitter leur domicile entre 2016 et 2021 en raison d’inondations, de tempêtes, de sécheresses et d’incendies incontrôlés. Il établit également des projections pour les trois prochaines décennies.
Les inondations et les tempêtes ont donné lieu à 40,9 millions de déplacements d’enfants entre 2016 et 2021, soit 95% du nombre total recensé. Dans le même temps, les sécheresses ont provoqué plus de 1,3 million de déplacements internes d’enfants, la Somalie étant l’un des pays les plus touchés, tandis que les incendies incontrôlés ont entraîné 810 000 déplacements, dont plus d’un tiers au cours de l’année 2020. La plupart de ces incendies se sont produits au Canada, aux États-Unis et en Israël.
Même si les impacts grandissants du changement climatique frappent partout, le rapport pointe du doigt des zones particulièrement vulnérables. « Les Philippines, l’Inde et la Chine sont les pays les plus touchés en nombre absolu (près 23 millions de déplacements d’enfants en 6 ans), en raison de leur très large population, de leur situation géographique, mais aussi de plans d’évacuation préventifs », relève le rapport.
Sur la proportion d’enfants déplacés, le rapport précise que les enfants vivant dans de petits États insulaires, tels que la Dominique et le Vanuatu, ont été les plus affectés par les tempêtes, tandis que ceux de Somalie et du Soudan du Sud sont au premier rang des victimes d’inondations.
Le risque de déplacement est particulièrement élevé pour les enfants vivant dans des pays déjà aux prises avec des crises simultanées, telles que les conflits et la pauvreté, et dont les capacités locales à faire face à d’éventuels déplacements d’enfants supplémentaires sont mises à rude épreuve. Haïti, par exemple, pays à haut risque de déplacements d’enfants liés à des catastrophes, est également en proie à la violence ainsi qu’à la pauvreté et pâtit d’un manque d’investissements dans des mesures d’atténuation des risques et de préparation.
« Imaginez la terreur d’un enfant qui voit sa communauté ravagée par un feu incontrôlé, une tempête ou une inondation. En plus de faire face à la peur, ceux qui sont contraints de fuir traversent des épreuves aux conséquences particulièrement dévastatrices, sans savoir s’ils pourront rentrer chez eux, retourner à l’école ou s’ils devront se déplacer à nouveau. Le déplacement peut sauver la vie des enfants, mais il engendre également d’importantes difficultés. À mesure que les effets des changements climatiques s’accentuent, les mouvements liés au climat s’intensifient également, et il est évident que nous n’agissons pas assez rapidement, alors que nous disposons des outils et des connaissances nécessaires pour relever ce défi de plus en plus urgent. Nous devons renforcer les initiatives visant à préparer les communautés, à protéger les enfants exposés au risque de déplacement et à soutenir ceux qui sont déjà déracinés « , a déclaré, Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
Risque d’aggravation potentielle de la situation dans les 30 prochaines années
D’après les prévisions de l’UNICEF, les inondations fluviales pourraient entraîner près de 96 millions de déplacements d’enfants au cours des trois prochaines décennies, selon les données climatiques actuelles, tandis que les vents cycloniques et les ondes de tempête pourraient provoquer respectivement 10,3 millions et 7,2 millions de déplacements d’enfants sur la même période. Avec l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques due aux changements climatiques, le bilan réel sera très probablement encore plus élevé.
L’UNICEF appelle les gouvernements, les donateurs, les partenaires du développement et le secteur privé à prendre des mesures pour protéger les enfants et les jeunes exposés à un risque de déplacement futur, à les préparer, ainsi que leurs communautés, et à mettre en place des solutions qui répondent aux vulnérabilités propres à chaque contexte.
Raphaël A.










