Lomé, le 19 avril 2024-(©AfreePress)-Le procureur de la République sort de son silence sur l’affaire Thomas Pierre DIETRICH. Dans un communiqué rendu public, le 18 avril 2024, le procureur confirme la condamnation du journaliste français, à six mois d’emprisonnement avec sursis pour, dit-il, avoir pénétré illégalement sur le territoire togolais.
Le 3 avril 2024, informe le communiqué M. DIETRICH, journaliste et écrivain pour le journal en ligne « Africa XXI », a fait une demande de visa professionnel à la Direction Générale de la Documentation Nationale (DGDN) et une demande d’accréditation auprès de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication du Togo (HAAC).
“Bien qu’il ait reçu une promesse de visa, sous réserve de l’accréditation de la HAAC, M. DIETRICH s’est présenté au poste frontalier de Sanvee-Condji, le 10 avril 2024, en provenance de Cotonou, sans avoir obtenu ladite accréditation. Les agents de l’immigration lui ont alors refusé l’entrée au Togo”, indique le procureur de la République.
Il a été constaté que M. DIETRICH, depuis Lomé, poursuit le communiqué, avait diffusé des vidéos sur les réseaux sociaux, alors qu’il n’avait pas de visa d’entrée au Togo. Il a été donc interpellé le lundi 15 avril 2024 par la police nationale puis une enquête judiciaire a été ouverte contre lui pour entrée illégale sur le territoire, en vertu de l’article 554 du nouveau code pénal. Assisté par un avocat du Barreau du Togo, il a été placé en garde à vue pendant 24 heures, puis présenté au parquet de grande instance de Lomé le mardi 16 avril 2024. À la suite de son interrogatoire par le procureur de la République, le tribunal correctionnel a été saisi en cas de flagrant délit, conformément aux articles 272 et 274 du code de procédure pénale, indique la communication présentée par le parquet de Lomé.
Lors de l’audience publique qui s’est tenue le même jour, le tribunal correctionnel l’a déclaré coupable du délit d’entrée illégale sur le territoire et l’a condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis. En outre, une peine complémentaire d’interdiction de séjour sur l’ensemble du territoire togolais pour une durée de cinq ans lui a été infligée, suivie de sa reconduite immédiate à la frontière Est du pays.
Le procureur de la République a tenu à préciser que cette décision était prise dans le respect des lois en vigueur et dans l’intérêt de la préservation de l’ordre public.
Il faut rappeler que Reporters Sans Frontière s’est saisi de l’affaire et a dénoncé “l’expulsion arbitraire du journaliste Thomas Dietrich et la suspension des accréditations pour la presse étrangère”. “Rien ne peut justifier le traitement qu’a subi ce journaliste, de même que rien ne justifie de si graves décisions de la part des autorités togolaises. Thomas Dietrich s’est rendu au Togo en toute transparence. Le motif de sa condamnation ressemble dangereusement à un prétexte pour entraver son travail”, a laissé entendre Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.
Raphaël A.










