Lomé, le 29 juin 2026 (©AfreePress) – Les autorités administratives et sécuritaires poursuivent le processus de normalisation dans la région des Savanes. Réunies le 24 juin dernier à Pogno, dans la préfecture de Kpendjal-Ouest, elles ont officiellement annoncé aux populations déplacées des villages de Banangandi, Tikondi et Kpembole la reprise progressive des travaux champêtres dans leurs localités d’origine, sous un dispositif sécuritaire renforcé.
Cette mesure, qui intervient après plusieurs mois marqués par les conséquences de la crise sécuritaire ayant affecté cette partie septentrionale du pays, permettra aux agriculteurs de rejoindre quotidiennement leurs exploitations agricoles tout en regagnant obligatoirement le site de Pogno avant la fin de la journée.
Une réponse aux attentes des populations
Ouvrant les travaux de cette rencontre d’information et de sensibilisation, le chef canton de Pogno, Sa Majesté Yentchabré Labdiédo, est revenu sur les difficultés auxquelles les populations déplacées sont confrontées depuis le début de la crise.
Il a rappelé que les communautés concernées n’ont jamais cessé d’exprimer leur volonté de retrouver leurs terres afin de relancer leurs activités agricoles, principale source de subsistance des ménages.
Se félicitant de l’amélioration progressive de la situation sécuritaire, l’autorité traditionnelle a invité les populations à respecter scrupuleusement les nouvelles dispositions arrêtées par les autorités afin que cette reprise s’effectue dans les meilleures conditions.
Selon lui, cette rencontre visait également à harmoniser la compréhension des modalités pratiques de retour aux champs, du rôle des responsables des camps de déplacés, de l’accompagnement assuré par les Forces de défense et de sécurité ainsi que des mesures de vigilance à observer.
Le garant des us et coutumes a exhorté les participants à relayer fidèlement ces informations auprès des personnes absentes, des cultivateurs déjà présents sur les sites agricoles et des femmes, dans le souci de préserver la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Une amélioration progressive de la situation sécuritaire
Le préfet de Kpendjal-Ouest, le colonel Pidassa Bakaï, a salué les efforts conjoints du Gouvernement, des Forces de défense et de sécurité, des autorités locales et des populations qui ont permis une amélioration notable de la situation sécuritaire dans la préfecture.
Il a rappelé que depuis le déclenchement de la crise, d’importants moyens humains, matériels et logistiques ont été mobilisés par les pouvoirs publics afin d’assurer la protection des populations et de préserver l’intégrité du territoire national.
Le représentant de l’État a estimé que l’accalmie observée aujourd’hui ouvre progressivement la voie à une reprise des activités agricoles, commerciales et sociales, essentielles à la relance économique de la zone.
Des mesures de sécurité strictes
Présentant les modalités opérationnelles de cette reprise, le commandant Kombaté Douti a expliqué que les déplacements vers les exploitations agricoles seront organisés selon les opérations préalables de reconnaissance et de sécurisation des différents itinéraires.

Les populations seront informées au préalable des périodes autorisées ainsi que des axes pouvant être empruntés pour accéder aux champs.
L’officier a insisté sur le strict respect des consignes sécuritaires.
Ainsi, le retour à Pogno devra impérativement intervenir au plus tard à 16 heures. Par ailleurs, les cultivateurs ne seront pas autorisés à emporter des téléphones portables dans les champs, une mesure destinée à renforcer le dispositif sécuritaire mis en place.
Il a également invité les populations à demeurer vigilantes et à signaler sans délai tout comportement suspect ou toute information susceptible de contribuer à la sécurité des communautés.
Une étape vers le retour à la normale
À l’issue des échanges, les représentants des villages de Banangandi, Tikondi et Kpembole ont exprimé leur reconnaissance envers les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité ainsi que le Gouvernement pour les efforts consentis en faveur du rétablissement progressif de la paix.
Pour les populations concernées, cette décision représente un espoir de retrouver progressivement leurs moyens de subsistance tout en poursuivant le processus de retour à une vie normale.
Au-delà de son caractère sécuritaire, cette initiative traduit la volonté des autorités de concilier les impératifs de protection des populations avec la nécessité de préserver les campagnes agricoles, essentielles à la sécurité alimentaire et à la résilience économique des communautés de la région des Savanes.
Par Diblo TAKINI, Correspondant AfreePress – Région des Savanes










