Lomé, le 11 juillet 2024-(©AfreePress)-Le capitaine Ibrahim Traoré s’est adressé, jeudi 11 juillet 2024 aux forces vives de la nation, accusant certains pays voisins de chercher à perturber la stabilité du Burkina Faso.
Le dirigeant burkinabé a affirmé détenir des « preuves » démontrant l’existence d’un centre d’opérations en Côte d’Ivoire, destiné à ébranler son pays.
Le capitaine Traoré, à la tête du régime militaire burkinabé depuis le coup d’État de septembre 2022, a accusé les gouvernements ivoirien et béninois de manigancer contre son pays, alimentant ainsi les tensions diplomatiques en Afrique de l’Ouest.
Au cours de cette allocution de plus d’une heure et demie, le président du Faso a esquissé les grandes lignes de son programme pour les cinq années à venir.
Critiquant les « impérialistes » qui cherchent, selon lui, à piller et déstabiliser le Burkina Faso, le capitaine Traoré a particulièrement visé certains voisins ouest-africains. « Nous n’avons rien contre le peuple ivoirien, mais nous avons un problème avec leurs dirigeants », a-t-il martelé, accusant Abidjan d’abriter « un centre d’opérations pour déstabiliser » le Burkina Faso. Il a promis de fournir des « preuves physiques » pour appuyer ses accusations.
Le capitaine Traoré, fervent défenseur de la souveraineté nationale et opposant déclaré à l’influence française, reproche notamment à la Côte d’Ivoire ses liens persistants avec Paris. Il a également accusé le Bénin d’héberger « deux bases françaises » dans sa région septentrionale, qualifiées de « centres d’opérations terroristes » visant le Burkina Faso. Ces allégations, qui ont été rejetées par Paris et Cotonou, avaient déjà été formulées par le premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine plus tôt cette année.
Le Burkina Faso forme avec ses voisins, le Niger et le Mali, une confédération appelée Alliance des États du Sahel (AES). En janvier, ces pays ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Dans son discours, prononcé sans notes et acclamé par les forces vives réunies au Palais des sports de Ouagadougou, le capitaine Traoré a abordé divers sujets liés notamment au secteur minier. « Nous allons récupérer nos permis d’exploitation et exploiter nous-mêmes nos minerais, notamment l’or », a-t-il indiqué.
Le capitaine Traoré a également insisté sur la nécessité de « recadrer la communication » autour du Burkina Faso. « Vous pouvez ne pas m’aimer, mais vous devez aimer votre pays. Nous ne permettrons pas à des Burkinabés de communiquer contre le Burkina Faso », a-t-il averti.
Olivier A.










