Lomé, 23 février 2026 -(©AfreePress)- La décision d’Accra de saisir un tribunal arbitral en vue de la délimitation de la frontière maritime avec le Togo suscite de vifs débats dans l’opinion publique. Alors que le gouvernement ghanéen a officiellement engagé une procédure d’arbitrage en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, des voix togolaises appellent à une posture plus affirmée sur les questions frontalières.
Selon les autorités ghanéennes, cette initiative intervient après plusieurs années de négociations bilatérales restées sans consensus. L’enjeu principal porte sur une zone maritime potentiellement riche en ressources halieutiques et en hydrocarbures offshore, dont l’exploitation pourrait avoir un impact économique significatif pour les deux pays.
Une procédure encadrée par le droit international
L’arbitrage prévu par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer constitue un mécanisme juridique reconnu pour régler pacifiquement les différends maritimes. Ce cadre a déjà été utilisé par plusieurs États africains, notamment dans l’affaire de la presqu’île de Bakassi tranchée par la Cour internationale de Justice entre le Nigeria et le Cameroun.
Pour l’heure, aucune réaction officielle détaillée n’a été rendue publique du côté togolais quant à la stratégie qui sera adoptée dans cette nouvelle phase du différend.
Débat public et revendications historiques
Sur les réseaux sociaux, la question maritime ravive des sensibilités historiques. Certains intervenants évoquent le référendum de 1956 organisé sous administration britannique dans le Togoland occidental, ayant conduit à son rattachement à la Gold Coast devenue le Ghana indépendant sous Kwame Nkrumah.
D’autres estiment toutefois qu’une telle revendication serait inopportune dans le contexte régional actuel, plaidant plutôt pour la stabilité et le respect des mécanismes diplomatiques et juridiques.
“Je pense qu’il est temps que le Togo aussi mette sur la table la question de sa réunification tant à l’ouest qu’à l’est. Nous ne devons pas tout le temps subir”, avance Ben Yashikov sur Facebook. Proposition soutenue et défendue par Alex Wilson. “C’est malheureux à dire, mais le moment est venu de mettre sur la table le problème du référendum illégal de 1956. Le Togo doit retrouver ses frontières d’avant la première guerre mondiale. Le Cameroun a été réunifié, même s’il persiste dans ce pays des tensions entre la zone anglophone et l’Etat central. Même la presqu’île de Bakassi, considérée comme une éponge de pétrole, a été rétrocédée au Cameroun par le Nigeria après la décision de la cour internationale de justice. C’est la position d’un citoyen togolais, frustré de voir son pays amputé de façon injuste d’une grande partie de son territoire et de ses populations. On n’a pas besoin de conflit armé entre les deux pays pour régler ce différend”, insiste Alex Wilson sur le même réseau social.
Ces réactions traduisent un sentiment de vigilance accrue autour des questions de souveraineté, tant maritime que terrestre. Elles ne reflètent cependant pas une position officielle de l’État togolais.
Un enjeu stratégique pour les deux pays
Au-delà des débats, la délimitation maritime revêt un caractère stratégique. La sécurisation des frontières maritimes conditionne l’exploitation des ressources offshore, la protection de l’environnement marin et la stabilité des relations bilatérales.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques, les observateurs soulignent l’importance d’un règlement pacifique, conforme au droit international, afin de préserver les relations de bon voisinage entre Lomé et Accra.
L’évolution du dossier sera suivie avec attention, tant au plan diplomatique que juridique.
Albertine A.










