Dapaong, le 16 juillet 2026-(©AfreePress)- À Dapaong, le retour des pluies révèle une fois de plus les limites de la gestion des déchets urbains. Au quartier Kpakoaté, le pont et ses ouvrages d’évacuation des eaux sont fortement obstrués par des détritus abandonnés par les riverains, compromettant l’écoulement des eaux pluviales et exposant les populations à des risques accrus d’inondations. Face à cette situation préoccupante, les appels à une prise de conscience citoyenne et à une réaction des autorités se multiplient.
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Lomé, le 16 juillet 2026 (©AfreePress) – À chaque saison des pluies, le même scénario se répète dans plusieurs quartiers de Dapaong. Les fortes précipitations mettent à rude épreuve les infrastructures de drainage, mais elles révèlent également un problème plus profond : l’incivisme environnemental qui compromet gravement l’évacuation des eaux et accentue les risques d’inondations.
Au quartier Kpakoaté, l’un des points les plus sensibles de la ville, le constat est particulièrement alarmant. Le pont enjambant le cours d’eau est aujourd’hui confronté à un écoulement extrêmement difficile des eaux pluviales. En cause, l’accumulation de déchets de toutes sortes dans le lit de la rivière et aux abords de l’ouvrage, aggravée par le vol d’un tampon de protection, laissant l’infrastructure davantage exposée aux dépôts sauvages.
Plastiques, sachets, bouteilles, restes de déchets ménagers, vêtements usagés, chaussures et branchages s’entassent dans les voies d’écoulement. À chaque pluie, ces détritus forment un véritable barrage qui ralentit, voire bloque, le passage des eaux, provoquant leur débordement sur les habitations riveraines et les voies de circulation.
Cette situation illustre un phénomène qui prend de l’ampleur dans plusieurs secteurs de la ville. Malgré les risques bien connus, certains habitants continuent de considérer les caniveaux et les eaux de ruissellement comme des lieux de dépôt de leurs ordures. Une pratique qui compromet les efforts d’assainissement et fragilise davantage les populations déjà exposées aux aléas climatiques.
Le plus préoccupant reste la banalisation de ces comportements. Selon plusieurs riverains, toute tentative de sensibilisation se heurte souvent à des réactions de défiance ou d’indifférence, certains estimant que les espaces publics ne relèvent pas de leur responsabilité.

Pourtant, les conséquences sont loin d’être anodines. Les ouvrages de drainage obstrués favorisent la stagnation des eaux, accélèrent la dégradation des routes, augmentent les risques de prolifération des moustiques et des maladies hydriques, tout en exposant les quartiers à des inondations parfois dévastatrices. Chaque hivernage rappelle malheureusement que ces catastrophes peuvent également entraîner des pertes en vies humaines.
Au-delà des dégâts matériels, cette situation met en lumière l’urgence d’une véritable mobilisation collective autour de la salubrité urbaine. La gestion des déchets ne relève pas uniquement des services municipaux ; elle constitue également un devoir citoyen indispensable à la protection de l’environnement et à la sécurité des communautés.
Face à cette réalité, plusieurs voix appellent la municipalité de Dapaong à renforcer les campagnes de sensibilisation, à multiplier les opérations de curage des caniveaux et à appliquer avec davantage de fermeté les sanctions prévues contre les auteurs de dépôts sauvages d’ordures. Des actions préventives régulières, associées à une éducation environnementale de proximité, apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour inverser durablement cette tendance.
À l’approche du pic de la saison pluvieuse, les populations sont, elles aussi, invitées à adopter des comportements responsables. Car chaque sachet plastique jeté dans un caniveau peut, demain, devenir la cause d’une rue inondée, d’une maison envahie par les eaux ou d’un drame humain évitable.
À Dapaong comme ailleurs, la lutte contre les inondations commence avant tout par un changement des comportements. Préserver les ouvrages de drainage, respecter les règles de salubrité et protéger les espaces publics sont autant de gestes qui contribuent à bâtir une ville plus résiliente face aux effets du changement climatique.
Diblo TAKINI – Correspondant AfreePress – région des Savanes










