La quatrième journée des Evala 2026 a tenu toutes ses promesses en pays kabyè. Entre la grande finale du canton de Yadè, les quarts de finale très disputés à Pya et les manifestations culturelles organisées à Tchitchao, les festivités ont célébré avec éclat les valeurs de courage, de solidarité et de transmission qui fondent ce rite initiatique ancestral.
Par Olivier ADJA
Lomé, le 16 juillet 2026 (©AfreePress) – Les arènes de la Kozah ont de nouveau vibré, le 14 juillet, au rythme des luttes traditionnelles Evala. Cette quatrième journée de l’édition 2026 a offert un condensé de l’âme du peuple kabyè, où la force physique, le courage et le respect des traditions se sont exprimés avec intensité devant des milliers de spectateurs venus assister à l’un des plus grands rendez-vous culturels du Togo.

Le point d’orgue de la journée s’est déroulé dans le canton de Yadè, où la grande finale a opposé les formations de Yadè-Bas et Yadè-Haut dans une ambiance empreinte de ferveur populaire. Portés par les chants, les danses rituelles et les sonorités du tambour traditionnel Akrima, les jeunes initiés ont livré des empoignades spectaculaires, illustrant toute la portée initiatique de cette tradition séculaire. À l’issue des confrontations, Yadè-Bas s’est imposé avec 17 victoires contre 13, confirmant sa suprématie dans cette édition.

Pendant ce temps, les arènes de Pya accueillaient des quarts de finale particulièrement disputés, prélude à une finale très attendue. Les différentes coalitions engagées se sont affrontées avec détermination dans des combats où l’endurance, la maîtrise technique et le sens de l’honneur ont une nouvelle fois constitué les principales qualités recherchées chez les futurs initiés.

Au-delà des luttes, les Evala ont une fois encore démontré leur richesse culturelle. À Tchitchao, l’ancien marché de Pida s’est transformé en une immense scène de célébration où les initiés, vêtus de leurs attributs traditionnels, ont exécuté les danses rituelles sous les chants et les percussions. Cette communion populaire a rappelé que les Evala dépassent largement le cadre d’une compétition sportive : elles incarnent un puissant vecteur de transmission des valeurs de courage, de discipline, de solidarité et de respect des anciens, tout en consolidant l’identité culturelle du peuple kabyè.
Inscrites parmi les plus importantes expressions du patrimoine immatériel togolais, les Evala continuent d’attirer chaque année des milliers de visiteurs, venus du Togo, de la sous-région et de la diaspora. Les festivités, qui se poursuivent jusqu’au 18 juillet, contribuent également à la promotion du tourisme culturel, au dynamisme économique de la région de la Kara et à la valorisation des savoir-faire locaux.









