Lomé, le 17 avril 2026- (©AfreePress) – Au Togo, la pression fiscale devrait atteindre 13,1 % du PIB en 2025, un niveau encore éloigné du seuil communautaire de 20 %. Ce constat intervient au moment où le pays lance son cadrage budgétaire à moyen terme (CBMT) pour la période 2027-2029, un outil destiné à mieux structurer la gestion des finances publiques.
À la différence du budget annuel, le CBMT permet de projeter sur trois ans les grandes variables budgétaires recettes, dépenses, déficit et dette afin d’assurer une meilleure cohérence entre les priorités publiques et les ressources disponibles. D’après Akou Mawussé Afidenyigba, Directrice de Cabinet au ministère de l’Économie et des Finances, cet instrument sert également à tester différents scénarios, notamment en matière d’endettement, et à calibrer les investissements publics en fonction de leur soutenabilité.
Accroître les recettes sans alourdir la fiscalité
Malgré une croissance économique attendue à 6,2 % en 2025 et une inflation maîtrisée à 0,4 %, les marges budgétaires restent contraintes. Le poids du service de la dette limite les capacités d’investissement, rendant nécessaire une mobilisation accrue des ressources internes.
Les autorités privilégient ainsi l’élargissement de l’assiette fiscale, en ciblant de nouvelles sources de revenus sans augmenter les taux d’imposition. La digitalisation de l’administration fiscale constitue un autre levier clé pour améliorer les performances de recouvrement. Parallèlement, la maîtrise des dépenses, notamment salariales (environ 7 % du PIB), apparaît comme un enjeu central pour préserver l’équilibre budgétaire.
Une dynamique encourageante des recettes
Les résultats récents témoignent d’une amélioration progressive de la mobilisation des recettes. Portées par les efforts de l’Office togolais des recettes (OTR), les recettes fiscales et douanières ont atteint 990,1 milliards de F CFA en 2023, soit une hausse de 14,5 % par rapport à l’année précédente. En 2024, elles ont franchi pour la première fois le cap des 1000 milliards de FCFA, pour s’établir à 1098 milliards.
Trois axes pour guider l’action publique
Le cadrage budgétaire à l’horizon 2029 s’articule autour de trois priorités majeures. La première concerne la sécurité et la stabilité, avec un accent mis sur les capacités de défense et les filets sociaux. La deuxième porte sur la cohésion nationale, notamment via la décentralisation et la réduction des inégalités. Enfin, la transformation économique constitue le troisième pilier, avec des investissements ciblés dans les secteurs clés comme les infrastructures, l’agriculture, la logistique et le numérique.
Dans cette perspective, les autorités entendent renforcer la discipline dans la sélection des projets publics. Seuls les investissements répondant à des critères rigoureux, études techniques solides, financement sécurisé et inscription dans la programmation 2027-2029, seront retenus.
Face à un contexte international incertain et à la baisse de l’aide extérieure, le Togo mise ainsi sur une meilleure mobilisation de ses ressources internes pour consolider sa trajectoire budgétaire et soutenir ses ambitions de développement.
Albertine A.










