Lomé, le 26 juillet 2026-(©AfreePress)- Le Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels (FNAFPP) poursuit sa mue au contact du terrain. À Tsévié, dans la région Maritime, l’institution a poursuivi, le 23 juillet 2026, sa tournée nationale de concertation avec les forces vives du monde économique et de la formation professionnelle. Une étape destinée à recueillir, sans filtre, les attentes des acteurs et à nourrir la construction de son futur plan stratégique 2026-2031.
L’exercice dépasse le simple cadre d’une consultation institutionnelle. Pour le FNAFPP, il s’agit de mieux cerner les métiers porteurs, les compétences recherchées et les obstacles qui entravent encore l’accès au financement de la formation. L’ambition est d’opérer un déplacement de centre de gravité. Partir davantage de la demande des entreprises, des territoires et des bénéficiaires pour concevoir des formations susceptibles de déboucher sur de véritables perspectives d’insertion.
Cette orientation prolonge la démarche engagée dès le début du mois de juillet. Lancée à Dapaong le 7 juillet, la tournée a successivement conduit le nouveau Comité de gestion du FNAFPP à Kara, puis à Sokodé, avant de gagner le sud du pays par Atakpamé et s’est achevée à Aného. Les échanges ont notamment associé organisations professionnelles, entreprises, centres de formation, associations, ONG et collectivités territoriales.
À travers cette démarche, le FNAFPP cherche à rompre avec une approche exclusivement guidée par l’offre de formation. L’enjeu est désormais de mieux faire correspondre les compétences transmises avec les besoins concrets des secteurs productifs.
Le secrétaire exécutif du Fonds, Koffi Tchankoni, a défendu cette philosophie participative, en invitant les partenaires à exposer leurs attentes en matière de renforcement des capacités, de formation et d’insertion professionnelle. Une démarche qui place les bénéficiaires et les opérateurs économiques au cœur de la définition des futures interventions du Fonds.
Pour les acteurs économiques, l’équation est également financière. La pertinence d’une formation ne saurait être dissociée des conditions de son financement, de son accessibilité et de sa capacité à répondre à une demande professionnelle clairement identifiée. C’est précisément sur ce terrain que le FNAFPP entend faire évoluer ses mécanismes d’intervention.
Du financement à l’employabilité : le changement de paradigme
L’un des enseignements majeurs de la tournée tient ainsi à la nécessité d’adapter le financement aux réalités des formations professionnelles. Les besoins ne sont pas uniformes d’une région à l’autre et les secteurs économiques ne recherchent pas les mêmes profils.
À Tsévié comme lors des précédentes étapes, la concertation vise donc à faire remonter les contraintes opérationnelles, les besoins en compétences et les attentes des différents acteurs. Cette logique doit permettre de mieux orienter les ressources du FNAFPP vers des formations susceptibles de renforcer directement la productivité, l’employabilité et l’insertion professionnelle.
Le choix de cette approche s’inscrit dans une problématique plus large au Togo : rapprocher l’appareil de formation des transformations du tissu économique. Les résultats du BTS 2026, avec 733 admis sur 1 353 candidats évalués, soit 54,18 %, rappellent d’ailleurs l’importance prise par les filières techniques et professionnelles dans les parcours vers l’emploi.
Une stratégie construite depuis les territoires
Le passage du FNAFPP dans la région Maritime participe d’une volonté de construire sa prochaine feuille de route à partir des réalités observées dans les territoires. La démarche a couvert les six régions économiques du pays, avec une première phase dans le septentrion, puis une seconde séquence à Atakpamé, Tsévié et Aného.
Après Tsévié, la délégation a poursuivi son périple à Aného, où la tournée nationale s’est achevée le 24 juillet. Les contributions recueillies au fil des étapes doivent désormais être analysées, consolidées et intégrées aux travaux préparatoires du futur document stratégique.
Pour le FNAFPP, le véritable défi commence donc maintenant. Ce défi est celui la transformation de la parole recueillie sur le terrain en décisions opérationnelles, en mécanismes de financement plus pertinents et en programmes de formation capables d’accompagner les mutations de l’économie togolaise.
De Dapaong à Aného, en passant par Kara, Sokodé, Atakpamé et Tsévié, le message porté par cette tournée est que la formation professionnelle ne peut plus être pensée en vase clos. Elle doit partir des besoins réels, anticiper les métiers de demain et conduire davantage vers l’emploi.
Albertine A.









