Lomé, le 27 février 2026 -(©AfreePress)- Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a placé la question du contrôle citoyen au cœur de son activité dénommée : « Jeudi Politique », tenu le 26 février 2026. Réunis autour du thème : « Le contrôle citoyen de l’action publique : quelle incidence sur la gouvernance ? », les premiers responsables du parti ont exhorté les populations à une implication plus active dans le suivi des politiques publiques, dans un contexte marqué par l’approfondissement de la décentralisation.
Cette rencontre est inscrite dans la continuité des échanges initiés le mois précédent sur les enjeux et défis de la décentralisation. Pour le CAR, le transfert progressif de compétences aux collectivités territoriales et l’installation des conseils municipaux appellent un accompagnement citoyen soutenu afin de garantir l’efficacité et la transparence de l’action locale.

La gouvernance de proximité, a laissé entendre Kouami Bouaka, commissaire national chargé de la communication du CAR, ne saurait produire des résultats durables sans un suivi permanent des citoyens. Il a par ailleurs exprimé les condoléances du parti à la presse togolaise récemment éprouvée par la disparition de plusieurs de ses membres.
Les intervenants ont dénoncé ce qu’ils appellent le désengagement progressif des citoyens vis-à-vis de la gestion publique, illustré par l’expression courante : « c’est pour l’État ». Une posture que le parti considère comme préjudiciable à la transparence.
Selon le CAR, les ressources publiques proviennent essentiellement des contributions des citoyens – impôts, taxes et autres prélèvements – sans oublier les emprunts extérieurs qui engagent, à terme, la responsabilité des contribuables. « Le citoyen doit devenir un acteur vigilant de son propre développement », a affirmé Kouami Bouaka.
Le parti a rappelé l’existence de textes encadrant la gestion des finances publiques et des marchés, notamment la loi sur la décentralisation (2015-006) ainsi que le décret n°2022-080 relatif aux mécanismes de plainte et recours.
S’appuyant sur des observations issues des rapports récents de la Cour des comptes, les premiers responsables ont évoqué des projets financés à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, mais demeurés inachevés ou non exécutés.

Le président national du CAR, Yao Daté a relevé, à cette occasion, que les organes étatiques de contrôle ne pourraient pas assurer une présence permanente sur l’ensemble du territoire.
Il a notamment cité des projets d’adduction d’eau dans la commune de Yoto 2 qu’il juge insatisfaisants, appelant les populations à exercer un droit de regard accru sur les travaux réalisés dans leurs localités.
À l’issue des échanges, le CAR a plaidé pour l’institutionnalisation du contrôle citoyen comme réflexe démocratique, particulièrement dans un contexte où la décentralisation s’enracine progressivement au Togo.
Pour les responsables du parti, seule une vigilance collective permettra de prévenir, à l’échelle locale, les pratiques critiquées au niveau central et de promouvoir une gouvernance plus transparente et participative.
Albertine A.










