Lomé, le 17 octobre 2025-(©AfreePress)- Dans le cadre des premières sessions d’installation des conseils municipaux issus des élections du 17 juillet 2025 au Togo, l’élection des maires dans le Grand Lomé retient toute l’attention. Dans la commune Golfe 1, l’élection est intervenue, vendredi 17 octobre.
Koamy Gloèkpo Gomado est reconduit à la tête de la commune, au terme d’un scrutin interne au sein du conseil municipal, avec 23 voix sur 23 suffrages exprimés.
Cette reconduction sans contestation apparaît comme un plébiscite de confiance, non seulement pour le maire sortant, mais aussi pour le projet politique porté par le mouvement Tovia dont il est le président. Plusieurs analystes y voient déjà le prélude à l’élection du maire devant intervenir dans la soirée de ce vendredi dans la commune du Golfe 4 de Jean-Pierre Fabre, candidat pressenti pour succéder à lui-même dans cette commune.
Dans la commune Golfe 4, le paysage politique issu des résultats des élections municipales est marqué par une configuration fragmentée. L’UNIR, parti au pouvoir, détient 6 conseillers dans la commune, l’ANC, dirigée par Fabre, 5 , le reste des sièges est disputé entre Tovia et d’autres formations et listes indépendantes.
Dans ce contexte, le rôle des “faiseurs de roi” (petits partis et indépendants) est central. En cas de ballottage, rappelle la loi, c’est le plus âgé des candidats qui l’emporte.
Si, dans le Golfe 1, les conseillers municipaux de divers horizons — y compris issus de l’ANC ou de l’UNIR — ont voté à l’unanimité pour Gomado, cela témoigne d’une prise de hauteur politique et d’une capacité de rassemblement qui pourrait se répercuter dans la commune Golfe 4. Certains y voient un “retour d’ascenseur”. Les élus ANC ou UNIR ayant soutenu Gomado dans ce scrutin, pourraient, en retour, appuyer Fabre ce soir.
Le poids du passé et la hauteur politique de Gomado
L’une des leçons les plus souvent évoquées dans les cercles politiques est la posture adoptée par M. Gomado après son entrée au gouvernement l’an passé. Bien que certaines critiques l’aient accusé de trahison ou l’aient stigmatisé, il a choisi de ne pas entretenir de rancœurs publiques. Il a fait montre de magnanimité, de pardon et d’ouverture au dialogue, préférant cultiver l’amitié et préserver la paix avec son ancienne famille politique.
Cet état d’esprit est brandi par certains commentateurs comme un modèle d’élégance politique — savoir franchir les différends, désamorcer les rancœurs et travailler le temps long plutôt que de cultiver les affrontements.
Si ce soir Jean-Pierre Fabre revient à la mairie de Golfe 4, ce serait non seulement par la force des alliances construites mais aussi par l’art du pardon manifesté par Gomado. Le message tacite envoyé est quand on bâtit des ponts plutôt que des murailles, on sème les conditions du succès partagé.
Perspectives et défis
Si la dynamique observée à Golfe 1 se prolonge, Tovia pourrait peser davantage dans les équilibres municipaux et aux prochaines législatives à Lomé.
Fabre, s’il est élu, devra conjuguer sa légitimité politique avec les impératifs de gouvernance locale dans une commune aussi complexe que Golfe 4. Mais au-delà des combats partisans, ce scrutin démontre que la cohésion, le dialogue et le respect mutuel peuvent encore jouer un rôle décisif dans un contexte politique marqué par l’adversité.
Leçons d’élégance politique à retenir
Le refus de riposte virulente, face aux attaques ou aux critiques, est souvent perçu comme un signe de force intellectuelle et de hauteur morale. L’autre leçon à retenir dans cette situation, c’est que les antagonismes peuvent être atténués par la capacité à dialoguer avec les rivaux — non comme des ennemis, mais comme des acteurs politiques irréductibles.
Un leader qui investit dans son capital moral et dans la confiance collective aura souvent un avantage durable.
Espoir K.









