Lomé, le 24 juillet 2024-(©AfreePress)-Mis en demeure depuis 2022, l’opérateur de téléphonie mobile Moov Africa Togo a été auditionné, mercredi 24 juillet 2024 à l’occasion d’une audience publique du Comité de Direction de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP).
Cette audition fait suite à une procédure de sanction entamée par l’ARCEP à l’encontre de la société pour indisponibilité de services dans plusieurs localités du Togo.
Les travaux dirigés par Haringa Yaou TCHEYI ont permis au Comité de Direction, organe d’impulsion et d’orientation des actions de l’ARCEP, d’écouter et d’apprécier les manquements que la direction générale de l’institution reproche à l’opérateur Moov Africa Togo ainsi que les arguments de défense de celui-ci.
Pour Michel Yaovi GALLEY, Directeur Général de l’ARCEP, et son équipe, Moov Africa Togo a manqué à son cahier des charges en laissant son service se dégrader au cours de ces deux dernières années malgré les différentes interpellations.
« Tout opérateur a un cahier des charges qui cristallise tous les droits et toutes les obligations qui sont mises à la charge de l’opérateur. Parmi ces obligations, nous avons ce que nous appelons l’obligation de disponibilité des services. Nous avons aussi des obligations comme la qualité de service et autres, et avant de parler de qualité de service, il faut que le service existe. Si le service n’existe pas, il y a problème. Aujourd’hui, s’agissant de cette procédure, l’ARCEP reproche à l’opérateur Moov Africa Togo une absence de service dans plusieurs localités du pays. C’est ce qui a donné lieu à l’ouverture de la présente procédure. Je rappelle que cela s’est fait depuis le 28 avril 2022 et après avoir conduit la procédure pendant deux ans. Aujourd’hui, nous sommes arrivés pratiquement à l’étape ultime qui est celle de l’audition publique devant le comité de direction qui est l’organe compétent pour prononcer des sanctions s’il y a lieu », a indiqué Kadiri OURO-AGORO, Directeur juridique et de la protection des consommateurs.
Pour l’ARCEP, cette procédure de sanction vise à amener l’opérateur à prendre conscience afin que des mesures soient prises pour améliorer son service sur l’ensemble du territoire national.
De son côté, Moov Africa Togo n’a pas assisté à cette audience les bras croisés. Les premiers responsables de la société ont présenté des arguments qui seraient à la base d’une mauvaise fourniture de leurs services par moment dans certaines zones du pays et s’engagent à s’investir pour corriger ces manquements.
Parmi ces difficultés évoquées, Moov Africa pointe du doigt des problèmes d’énergie, notamment les coupures d’électricité intempestives de ces derniers mois, mais également des défis sécuritaires dans le nord du Togo qui ne favorisent pas le déploiement rapide des techniciens en cas de pannes sur ses antennes de réseau.
« Nous sommes engagés à corriger tout ce qu’on nous reproche et nous demandons juste un temps pour le faire. Nous sommes engagés à améliorer nos services, c’est pour cette raison que nous avons investi depuis 2021 plus de 90 milliards de francs CFA », a déclaré Directeur général de Moov Africa Togo, Younes El Bedraoui.
Selon les informations obtenues sur place, la décision finale du Comité de Direction attendue dans les heures ou jours à venir peut aller jusqu’à une sanction financière conformément aux textes régissant le secteur des Communications électroniques au Togo.
« Le Comité de direction va tenir compte de plusieurs facteurs avant de déterminer la sanction et ces facteurs sont les circonstances aggravantes ou atténuantes », a ajouté M. Kadiri OURO-AGORO.
Raphaël A.










