Lomé, le 12 avril 2024-(©AfreePress)-Face à la presse, jeudi 11 avril 2024, les partis politiques organisateurs des manifestations des 12 et 13 avril, ont dénoncé ce qu’ils appellent des « manœuvres » de la part du gouvernement visant à entraver leur droit à la libre expression.
L’Alliance nationale du Changement (ANC) ainsi que plusieurs autres partis de l’opposition et des organisations de la société civile, ont exprimé leur indignation face à l’interdiction de leurs manifestations annoncées pour “protester contre l’adoption d’une nouvelle constitution au Togo”.
« Par courrier daté du 8 avril 2024, le Ministre leur a signifié l’interdiction des trois jours de manifestations, prétextant que le délai de cinq jours ouvrables exigé par la loi sur les manifestations n’est pas respecté et que l’itinéraire indiqué viole également une disposition de ladite loi. Après examen des observations du Ministre, les organisateurs de la manifestation ont exprimé par courrier leur étonnement, daté du 9 avril 2024. Ils relèvent que les observations soulevées ne sont pas pertinentes, surtout en ce qui concerne le non-respect du délai. Ils précisent en outre que même si le Ministre avait raison pour la date du 11 avril, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas, son raisonnement sur le non-respect du délai ne peut affecter les manifestations des 12 et 13 avril 2024, et qu’ils maintiennent donc les manifestations des 12 et 13 avril en proposant un nouvel itinéraire », ont déclaré les organisateurs.
Dans l’après-midi du 9 avril, les premiers responsables de ces partis politiques ont été invités à rencontrer le Ministre à son Cabinet. Au cours de cette rencontre, le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires, associé au Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, a déclaré détenir des informations graves selon lesquelles les organisateurs des manifestations projettent de s’attaquer aux forces de l’ordre et de sécurité, aux domiciles des députés, ainsi que de déloger les élèves pour se joindre aux manifestants.
Les premiers responsables des partis politiques de l’opposition disent avoir réfuté ces accusations, les qualifiant de fausses et gratuites.
« Malgré les explications convaincantes fournies lors de cette réunion, le gouvernement persiste dans sa tentative de diabolisation des organisateurs de manifestations en publiant un communiqué réitérant les mêmes accusations qu’ils qualifient de sans fondement », ont précisent Jean-Pierre FABRE et ses camarades de l’opposition.
« Il s’agit donc d’un plan machiavélique orchestré par le régime en place pour étouffer toutes manifestations publiques en créant de graves incidents pour faire porter le chapeau aux organisateurs innocents. Le régime est coutumier de ces montages grotesques dont il se sert souvent pour accuser injustement les militants de l’opposition », déplorent-ils.
Les organisateurs des manifestations ont appelé la communauté nationale et internationale à être les témoins de la situation au Togo.
Ils ont réaffirmé leur droit inaliénable à la liberté d’expression et ont exhorté les citoyens togolais à se joindre massivement aux manifestations pour, disent-ils, rejeter une constitution imposée de manière antidémocratique par le régime en place.
Raphaël A.









