Lomé, le 08 juillet 2025 -(©AfreePress)-Au Togo, une enquête judiciaire a été ouverte après la découverte de cinq corps sans vie (sic) repêchés dans deux cours d’eau à Lomé à la suite des manifestations survenues fin juin. L’annonce a été faite dimanche soir par le Procureur de la République, M. Talaka Mawama, à la télévision nationale (TVT).
Les autorités avaient jusqu’alors communiqué avec parcimonie sur le bilan humain des troubles, évoquant des décès « par noyade » sans chiffres précis. La gendarmerie avait parlé de deux morts, tandis que l’opposition et plusieurs organisations de la société civile faisaient état d’au moins sept décès, attribués, selon elles, à des interventions violentes des forces de l’ordre.
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont appelé cette semaine à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes, évoquant également des blessures graves, des arrestations massives et des cas de mauvais traitements, y “compris par des miliciens en civil”.
Le vendredi 27 juin, deux corps avaient été retrouvés dans le quatrième lac d’Akodessêwa, identifiés comme deux ressortissants béninois âgés de 23 et 25 ans. Selon le procureur, les autopsies évoquent des décès par noyade antérieurs aux manifestations.
Le même jour, deux autres corps ont été repêchés de la lagune de Bè. L’un, un élève de troisième, récupéré précipitamment par sa famille sans autopsie préalable. L’autre, un adolescent de 15 ans. Il a été examiné par un médecin légiste, qui a également conclu à une noyade, indique le Procureur de la République.
Le samedi 28 juin, un cinquième corps, celui d’un Gabonais de 21 ans, a été sorti des eaux dans la même lagune. Là encore, la cause du décès serait une noyade.
« Une enquête judiciaire contre X est en cours sur l’ensemble de ces cas », a déclaré le Procureur Mawama, sans avancer de lien formel entre les morts et les manifestations.
Depuis le début des manifestations début juin, 114 personnes ont été interpellées. D’après le parquet, 87 ont été relâchées, 18 condamnées à 12 mois de prison (dont 11 avec sursis) pour troubles à l’ordre public, et 9 autres restent en détention dans le cadre d’une information judiciaire.
Le parquet a justifié les arrestations en évoquant des actes de violence dirigés contre les forces de l’ordre, victimes de jets de projectiles et d’agressions directes selon lui.
Une nouvelle série de manifestations a été annoncée pour les 16 et 17 juillet, jour prévu pour la tenue des élections municipales, dont l’opposition exige le report.
« Ce cycle de violences, de dissimulations et de silence judiciaire alimente la volonté populaire de tourner la page du système actuel », affirme un acteur politique sous anonymat.
Plusieurs voix appellent à l’ouverture d’une enquête internationale “impartiale” et les familles continuent par réclamer justice pointant du doigt, la responsabilité des forces de l’ordre dans la mort de leurs proches.
Olivier A.










