©AfreePress-(Lomé, le 11 octobre 2023)- Le Projet de sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PaSH-MUT), a été officiellement lancé, mardi 10 octobre 2023 à Lomé.
La cérémonie de lancement présidée par le Premier Ministre, Victoire Tomegah-Dogbé a réuni les membres du gouvernement, les acteurs de l’eau et les partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale.
L’ambition du gouvernement à travers ce projet, soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars, soit plus de 62 milliards de FCFA, est d’augmenter l’accès des populations aux services d’approvisionnement en eau et assainissement de qualité, ainsi que l’amélioration de la performance opérationnelle du fournisseur de services d’approvisionnement en eau et la gestion des ressources en eau dans le Grand Lomé.
« Il s’agit d’atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 80% sur le plan national, dont 75% en milieu urbain, 65% en milieu semi-urbain et 95% en milieu rural, avec une attention particulière portée sur le Grand Lomé, où il est visé un taux de 65%. Il est également attendu du projet, un taux national de 86% pour l’assainissement », a indiqué le ministre d’État, ministre de l’Eau et de l’hydraulique villageoise, le Général Damehame Yark.
Le Grand Lomé, qui comporte 13 communes, est actuellement alimenté en eau potable à partir de 50 forages, et la capacité de production actuelle est de 25 000 m3 par jour, contre 125 000 m3 selon les besoins, selon les informations recueillies. Pour le ministre, ce projet structuré en cinq (05) composantes techniques et une (01) composante relative à une intervention d’urgence conditionnelle va permettre au gouvernement d’apporter des réponses tangibles aux demandes de plus en plus croissantes en eau dans le Grand Lomé.
Le PaSH-MUT et ses composantes
Le PaSH-MUT est un projet structuré en cinq (05) composantes techniques et une (01) composante intervention d’urgence conditionnelle.
Dans les détails, la composante 1 « Amélioration des services d’approvisionnement en eau potable en milieu urbain » vise à étendre l’accès à l’eau potable dans le Grand Lomé par la mise en place de 6 systèmes autonomes d’approvisionnement en eau potable dans les zones périphériques de Lomé et le renforcement de la capacité de production d’eau de la Togolaise des Eaux (TdE) dans Lomé Commune à Cacaveli. Les actions envisagées comprennent la construction et la réhabilitation des forages, des systèmes de production, de traitement, de stockage de l’eau, le remplacement et l’extension des réseaux de distribution d’eau et des services de conseil en supervision.
La composante 2 « Renforcement des institutions et de l’efficacité du secteur » permettra d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la viabilité financière de la Togolaise des Eaux (TdE). La Composante 3 : « Amélioration de l’assainissement et de l’hygiène » a pour objectif d’améliorer la gestion des boues de vidange des fosses septiques, réduisant ainsi les risques sanitaires liés aux maladies hydriques, en particulier pour les personnes vulnérables. La Composante 4 : « Renforcement de la gestion des ressources en eau » contribuera à améliorer la compréhension et la gestion des ressources en eau dans le Grand Lomé. Elle s’attaque aux lacunes dans les connaissances et renforce la capacité de prise de décision afin de renforcer les efforts visant à protéger la qualité des ressources en eau souterraines contre les contaminations d’origine humaine ou liées aux inondations. Quant à la composante 5 : « Gestion de projet et études sectorielles », elle va appuyer le ministère de l’Eau et de l’Hydraulique Villageoise (MEHV) dans la gestion et la supervision du projet.
Enfin, la composante 6 : « Intervention d’urgence conditionnelle », permettra de fournir une réponse immédiate en cas de crise ou d’urgence liée à une catastrophe.
La Banque mondiale se félicite d’appuyer l’État togolais dans la réalisation de ce projet innovant pour le bien-être de la population.
« C’est la première fois que nous investissons dans le secteur de l’eau, notamment en milieu urbain, après vingt ans. (…) Ce projet que nous lançons aujourd’hui souligne l’excellent partenariat qui existe entre le Gouvernement et le Groupe de la Banque Mondiale. De plus, il s’aligne sur ce cadre de réforme sectorielle, notamment par la mobilisation essentielle du secteur privé, et s’inscrit dans le cadre d’un vaste effort déployé par les partenaires techniques et financiers du Gouvernement togolais, pour appuyer la mise en œuvre de ces stratégies-cadres et plans », a indiqué Fily Sissoko, le représentant résidant de la Banque mondiale au Togo.
En termes de chiffres, 950 000 personnes seront touchées par les 6 nouveaux systèmes autonomes (adductions d’eau potable) dans le Grand Lomé, dont 157 000 personnes dans 6 localités périphériques de Lomé (Adétikopé Est, Togblécope, Apéssito, Kohé, Zanguéra, Devego). 110 écoles et formations sanitaires bénéficieront des installations WASH et santé et hygiène menstruelles (SHM).
Le projet favorisera 200 000 nouveaux branchements au réseau d’eau potable de la TdE. Dans le domaine de l’assainissement, le projet prévoit la mise en place d’une station de traitement de boues de vidange de capacité allant jusqu’à 1 100 m³/jour.
Lors du lancement de ce projet, le Premier ministre Victoire Tomegah-Dogbé a salué l’accompagnement de la Banque mondiale aux côtés du gouvernement pour la réalisation des projets prioritaires inscrits dans la feuille de route. Elle a rassuré de l’engagement de son gouvernement à travailler pour le succès de ce projet.
La Cheffe du gouvernement a invité les équipes d’exécution à gérer de manière efficace, les ressources allouées, tout en les exhortant à livrer des travaux de qualité et durables dans les délais, au bénéfice des populations.
« Aucun retard, aucune malfaçon technique, et aucune gouvernance approximative du projet ne seront tolérés », a-t-elle martelé.
Raphaël A.










