Lomé, le 04 janvier 2026-(©AfreePress)- L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a vigoureusement condamné la remise par les autorités togolaises de Henri Sandago Damiba, ancien président du Burkina Faso, aux autorités burkinabé issues du coup d’État militaire. Dans une déclaration officielle rendue publique à Lomé, le parti d’opposition exprime sa consternation face à un acte qu’il qualifie de précédent gravissime, marquant, selon lui, une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes dont le Togo se réclamait jusqu’ici.
Pour l’ANC, cette décision constitue un refoulement politique déguisé, en violation flagrante du principe de non-refoulement, pilier du droit international, qui interdit à tout État de renvoyer un réfugié vers un pays où sa vie, sa liberté ou sa dignité sont menacées.
« Aucun État responsable ne peut livrer un réfugié aux autorités même dont il a fui le pouvoir, surtout lorsqu’il s’agit d’un régime militaire issu d’un coup d’État », souligne la déclaration, estimant que le Togo a fait le choix d’une soumission diplomatique indigne, au mépris de la sécurité et des droits fondamentaux d’un réfugié placé sous sa protection depuis plus de trois ans.
L’ANC rejette par ailleurs les accusations avancées par les autorités burkinabè – détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption ou blanchiment de capitaux – les qualifiant de prétextes politiques entérinés sans aucune décision judiciaire indépendante ni production de preuves vérifiables.
Le parti affirme que la remise de M. Damiba s’est opérée à l’issue d’un processus expéditif, opaque et unilatéral, en dehors de toute procédure contradictoire, constituant une violation manifeste de l’État de droit.
Plus grave encore, l’ANC estime que cet acte s’inscrit dans une stratégie dangereuse de rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel (AES), au prix d’un marchandage diplomatique hasardeux, alors même que le Togo demeure membre de la CEDEAO et ne fait pas partie de l’espace sahélien.
« Poussé par un opportunisme géopolitique sans vision ni boussole éthique, le régime togolais sacrifie la souveraineté juridique du pays, son honneur international et sa dignité », déplore le parti.
Dans sa déclaration, l’ANC estime que les autorités togolaises envoient désormais un signal alarmant qui indique de plus aucun réfugié politique n’est en sécurité sur le sol togolais.
Face à cette situation, le parti de Jean-Pierre Fabre condamne avec la plus grande fermeté la remise de M. Damiba aux autorités burkinabè, tient personnellement responsables les plus hautes autorités de l’État togolais des conséquences humaines, politiques et juridiques de cet acte, appelle les juridictions et mécanismes internationaux compétents, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à se saisir sans délai du dossier et alerte l’opinion nationale et internationale.
Réaffirmant sa position de principe, l’ANC martèle que la stabilité régionale ne saurait se construire ni sur la peur, ni sur la trahison des réfugiés, encore moins sur un alignement opportuniste sur des juntes militaires.
« Le Togo mérite mieux que cette diplomatie de renoncement et de compromission », conclut la déclaration, signée par Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, le 02 février 2026 à Lomé.
Albertine A.









