Lomé, le 30 mars 2026-(©AfreePress)- La capitale togolaise accueille, du 30 au 31 mars 2026, un colloque international consacré à une problématique centrale pour l’avenir du continent africain ? Il s’agit de la question de la valorisation des savoirs endogènes dans la lutte contre les changements climatiques et environnementaux. Pendant deux jours, chercheurs, universitaires et experts venus de plusieurs pays africains sont réunis pour croiser leurs réflexions et proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
Cette rencontre scientifique est organisée par le Laboratoire de Recherche sur la Culture, les Arts et le Développement (LARECADE) de l’IRES-RDEC ceci en partenariat avec l’Institut National des Métiers d’Art, d’Archéologie et de la Culture (INMAAC) de l’Université d’Abomey-Calavi et le Laboratoire d’Analyse d’Histoire Sociopolitique (LAHiSPo) de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS) de l’Université de Lomé.
Placée sous le thème : « Savoirs endogènes et lutte contre les changements climatiques et environnementaux en Afrique : enjeux pour l’atteinte des ODD », cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réhabilitation des connaissances locales, longtemps marginalisées au profit de modèles exogènes.
À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, le Professeur Komi Kossi-Titrikou, a salué la mobilisation des participants et rappelé l’importance stratégique des savoirs africains dans la construction de réponses durables. Selon lui, le développement du continent passe nécessairement par une meilleure valorisation des ressources intellectuelles et culturelles locales.
La conférence inaugurale, prononcée par le Professeur Romuald Tchibozo, directeur de l’INMAAC, a mis en lumière les causes historiques de la marginalisation des savoirs endogènes, notamment l’héritage de la colonisation et des systèmes éducatifs hérités. Il a plaidé pour une refondation des politiques éducatives intégrant davantage les langues, les pratiques et les connaissances locales, tout en soulignant leur richesse scientifique et leur pertinence dans les dynamiques contemporaines.
Les travaux du colloque s’articulent autour de quatre axes principaux. Ils sont entre autres : les savoirs endogènes en sciences sociales, leur rôle dans l’agriculture durable, les pratiques féminines en lien avec l’environnement, ainsi que les connaissances traditionnelles en matière de santé et de guérison. Ces thématiques visent à démontrer que les solutions aux défis climatiques peuvent également émerger des expériences et innovations locales.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, a insisté sur le paradoxe africain face aux changements climatiques. L’Afrique est un continent faiblement émetteur de gaz à effet de serre, mais fortement impacté. Il a appelé à une intégration effective des savoirs traditionnels dans les politiques publiques, évoquant notamment les pratiques ancestrales de gestion des ressources naturelles et de préservation des écosystèmes.
Le colloque enregistre la participation de délégations venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la Guinée, du Niger et du Togo. Au terme des deux jours de travaux, les contributions scientifiques seront compilées dans des actes destinés à servir de référence pour les décideurs et les chercheurs.
À travers cette rencontre, Lomé s’impose ainsi comme un carrefour de réflexion sur les alternatives africaines face aux défis environnementaux, en misant sur une approche ancrée dans les savoirs, les cultures et les réalités du continent.
Albertine A.










