Dapaong, le 12 décembre 2025 -(©AfreePress)- L’arrêté interministériel réglementant l’abattage et l’exportation des ânes et de leurs dérivés a fait l’objet, jeudi 11 décembre à Dapaong (600 km au nord de Lomé), d’un atelier régional de vulgarisation destiné à renforcer la lutte contre le commerce illégal des peaux d’ânes en Afrique de l’Ouest.
Organisée par l’ONG INADES-Formation Togo, en partenariat avec BROOKE Afrique de l’Ouest, cette rencontre vise à garantir une appropriation effective du texte par l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif central était de présenter l’ampleur du phénomène, d’expliquer en détail les dispositions de l’arrêté et de recueillir les contributions des parties prenantes afin d’en assurer une mise en œuvre efficiente.
L’atelier a rassemblé une diversité d’acteurs institutionnels et communautaires à l’image de représentants des ministères en charge des Ressources animales, de l’Agriculture, du Commerce, des Finances et de l’Administration territoriale, des services vétérinaires, des associations d’abatteurs, des organisations de consommateurs et partenaires techniques. Cette forte mobilisation témoigne de l’importance stratégique de la filière asine dans les moyens de subsistance des populations locales.
Dans son intervention, Rouguiatou Ahmadou Ka, représentant le directeur régional de BROOKE Afrique de l’Ouest, a rappelé le rôle fondamental de l’âne dans l’économie domestique des communautés rurales.
« L’âne est un animal modeste, mais essentiel au quotidien des populations qui dépendent de lui. Il transporte l’eau, le bois, les récoltes, les malades ou encore les élèves. Son apport économique est considérable, notamment pour les ménages vulnérables et les femmes », a-t-elle souligné, avant d’alerter sur la pression croissante exercée par la demande internationale. « Aujourd’hui, l’espèce est menacée par une demande mondiale estimée à 6,8 millions de peaux par an, principalement en Chine. Ne pouvant satisfaire cette demande sur son sol, ce pays s’est tourné massivement vers l’Afrique », a-t-elle indiqué.

Représentant le maire de la commune Tône 1, le 2e adjoint Gaëtan Lorimpo Tchabli a, de son côté, insisté sur la nécessité d’une appropriation collective de l’arrêté.
« Un texte, aussi pertinent soit-il, ne produit d’effets que s’il est connu, compris et appliqué. C’est tout le sens de notre présence ici », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les conséquences d’une absence d’action. « Si rien n’est fait pour protéger les ânes, leur disparition deviendra inévitable. Le Togo, pays côtier, pourrait alors servir de plaque tournante pour ce commerce illicite », a-t-il averti.
Le commerce des ânes, largement porté par la demande chinoise en gélatine ejiao – un produit issu de la peau d’âne utilisé en médecine traditionnelle pour ses prétendues vertus revitalisante alimente un trafic international non réglementé. Ce commerce, qui s’étend bien au-delà des frontières africaines, met en péril les moyens de subsistance des communautés rurales, fragilise l’économie locale et pose de graves problèmes de protection animale.
La vulgarisation de l’arrêté interministériel apparaît ainsi comme un instrument indispensable pour freiner les dérives constatées, encadrer la filière et protéger à la fois les populations vulnérables et les animaux dont elles dépendent.
Diblo TAKINI
Correspondant AfreePress – Région des Savanes










