Réuni à Lomé sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a adopté vingt décrets, dont six textes réglementaires portant sur la réforme de secteurs stratégiques. Au cœur des décisions figurent la création de nouvelles institutions dédiées aux infrastructures routières, le renforcement de la cybersécurité, la réorganisation du corps des agents des eaux et forêts ainsi que la reconnaissance officielle de quatorze chefs de canton.
Lomé, le 27 juin 2026 (©AfreePress) – Le gouvernement togolais poursuit son vaste chantier de modernisation de l’administration publique et de renforcement de la gouvernance des secteurs stratégiques. Réuni vendredi à Lomé sous la présidence du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a adopté six décrets réglementaires d’envergure ainsi que quatorze décrets consacrant la reconnaissance officielle de chefs de canton désignés conformément aux dispositions de la loi sur la chefferie traditionnelle.
Une nouvelle architecture pour la gouvernance routière
Le secteur des infrastructures routières concentre l’essentiel des réformes décidées par le gouvernement.
Le Conseil des ministres a ainsi créé l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO), une structure spécialisée chargée d’assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets routiers. Cette réforme vise à améliorer la planification, l’exécution et le suivi des investissements tout en réduisant les retards, les surcoûts et les chevauchements de compétences institutionnelles.
Dans le même élan, l’exécutif a créé la Société nationale de financement routier (SONAFIR), appelée à remplacer la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER), en activité depuis 2012.
Dotée de prérogatives élargies, la SONAFIR aura pour mission de mobiliser davantage de ressources grâce à des mécanismes de financement innovants et à des partenariats stratégiques, tandis que l’AGEROUTE TOGO se consacrera exclusivement à la conduite technique des projets routiers. Cette séparation des responsabilités répond à une volonté de professionnaliser davantage la gouvernance des infrastructures nationales.

Le Bureau d’études et d’ingénierie du Togo voit le jour
Le Conseil a également approuvé la création du Bureau d’études et d’ingénierie du Togo (BEIT).
Cette nouvelle structure publique devra mettre l’expertise nationale au service de la conception, de la planification, du contrôle technique et du suivi des grands projets de développement. L’objectif affiché est de réduire le recours systématique aux cabinets étrangers, de renforcer les compétences locales et d’améliorer la qualité des investissements publics.
Le corps des eaux et forêts profondément réorganisé
Dans le domaine environnemental, le gouvernement a adopté un décret réorganisant le corps des agents des eaux et forêts.
Le texte redéfinit les missions des agents en matière de protection des ressources forestières, de préservation de la biodiversité, de lutte contre les infractions environnementales, de reboisement et de gestion durable des écosystèmes.
La réforme instaure une organisation plus structurée autour d’un commandement central appuyé par des commandements régionaux et des unités préfectorales afin de renforcer l’efficacité des interventions sur l’ensemble du territoire.
Cyber Defense Africa élargit son champ d’action
Face à l’évolution rapide des menaces numériques, le gouvernement a procédé à une modification du cadre réglementaire de Cyber Defense Africa (CDA).
Cette actualisation permettra à la société d’accompagner les nouveaux projets stratégiques de l’État en matière de cybersécurité et de technologies de sécurité.
Le nouveau texte autorise également l’entreprise à intervenir dans la conception, la fabrication, la maintenance et la commercialisation de drones aériens, terrestres et maritimes, traduisant ainsi l’ambition des autorités de renforcer la souveraineté technologique et numérique du pays.
Vers un guichet unique national des infrastructures
Le Conseil des ministres a, par ailleurs, examiné en première lecture un projet de décret instituant un guichet unique des infrastructures.
Cette plateforme numérique, alimentée grâce au Réseau national de correction centimétrique de position géographique (CENTIPOS), permettra de centraliser les données relatives aux réseaux de télécommunications, d’énergie, d’eau, de gaz et de travaux publics.
Le dispositif vise notamment à améliorer la coordination entre les différents opérateurs, sécuriser les travaux réalisés à proximité des ouvrages existants et prévenir les dommages sur les infrastructures stratégiques.
Quatorze chefs de canton officiellement reconnus
Au titre de la chefferie traditionnelle, le Conseil des ministres a adopté quatorze décrets portant reconnaissance officielle de chefs de canton désignés selon les procédures coutumières ou à l’issue de consultations populaires.

Cette reconnaissance intervient conformément aux dispositions de la loi du 8 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle, qui prévoit que les chefs de canton sont investis par décret pris en Conseil des ministres après accomplissement des procédures légales.
Par cette décision, le gouvernement confère à ces autorités traditionnelles une reconnaissance officielle dans l’exercice de leurs fonctions de gardiens des us, des coutumes et des valeurs socioculturelles de leurs communautés.
Les décisions issues de cette session traduisent la volonté des autorités togolaises de poursuivre les réformes institutionnelles engagées afin d’améliorer la gouvernance publique, de moderniser les infrastructures, de renforcer la souveraineté numérique et environnementale du pays, tout en consolidant le rôle des autorités traditionnelles dans l’organisation territoriale.
Olivier A.










