©AfreePress-(Lomé, le 25 novembre 2023)-Au Togo, le vaccin anti-VPH (virus du papilloma) pour la prévention du cancer du col de l’utérus, sera introduit dans le Programme Elargi de Vaccination (PEV) à compter du 4 décembre 2023. Mais avant cette introduction, une campagne de rattrapage est prévue du 27 novembre au 1er décembre 2023. Campagne visant à vacciner 54 200 filles de 9 à 14 ans sur l’ensemble du territoire contre le papillomavirus.
Ces informations ont été communiquées aux médias, par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à l’occasion d’une conférence de presse organisée, vendredi 24 novembre 2023 à Lomé. En prélude à cette campagne, le gouvernement avait initié un projet pilote de démonstration d’administration du vaccin anti-HPV chez les filles de 10 ans dans les districts du Golfe et de Tchamba.
Cette initiative, soutenue par des partenaires techniques et financiers tels que l’Unicef, le Fonds Gavi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et l’UNFPA, a permis au ministère de la Santé de tirer les leçons de l’administration de ce vaccin sur 2 ans (2015 à 2017) et de définir les stratégies pour la phase nationale.
« Les résultats de ce projet ont été encourageants. L’acceptabilité et la tolérance du vaccin ont été bonnes. C’est dans cette perspective que nous introduisons le vaccin anti-HPV dans le Programme Elargi de Vaccination. Cette introduction sera précédée de l’organisation d’une campagne nationale de vaccination de rattrapage contre le virus du papilloma chez les filles de 9 à 14 ans », a indiqué la Directrice générale des Etudes, de la planification et de l’information sanitaire, Dr. NAYO-APETSIANYI Josée.
Le vaccin choisi par le Togo est le « CervarixTM ». D’après le Docteur Boko Amévégbé Kodjo, Chef de la division de l’immunisation au ministère de la Santé, ce vaccin est efficace à 95% et a déjà fait ses preuves dans plus de 115 pays, dont 10 en Afrique de l’Ouest.
« L’efficacité de ce vaccin a été prouvée et ce vaccin n’a aucun effet secondaire majeur. Ce vaccin va sauver les jeunes filles de ce cancer qui ne se manifeste qu’après 10 ans voire plus. Le gouvernement veut vraiment protéger les futures femmes et mettre fin aux décès liés à ce cancer », a-t-il expliqué.
Ce vaccin a une haute efficacité contre une infection persistante par les types de VPH chez les femmes (≈95%). Une dose unique permet de prévenir le cancer du col de l’utérus.
Le cancer du col de l’utérus est une maladie de la muqueuse du col de l’utérus, qui se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique, jusqu’à former une masse appelée tumeur maligne. C’est le quatrième cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde. Il est presque 100% imputable à une infection chronique par des virus appartenant à la famille des papillomavirus. À l’échelle mondiale, environ 600 000 nouveaux cas, et plus de 340 000 décès, sont recensés chaque année. Au Togo, il constitue le 3ème cancer en termes d’incidence (19,1 cas/100 000), toute forme confondue, et des deux sexes après la prostate et le sein, avec 595 cas et 417 décès ; le 2ème cancer de la femme (15,7%) après le cancer du sein.
Ainsi, en introduisant ce vaccin dans la routine pour les enfants de 9 ans, le gouvernement veut réduire la morbidité et la mortalité du cancer du col de l’utérus. Ce cancer étant une maladie infectieuse qui se transmet lors des activités sexuelles, il est préconisé de vacciner la fille d’un certain âge avant qu’elle ne s’adonne aux activités sexuelles.
« Au Togo, les études ont démontré que les activités sexuelles chez les filles commencent à partir de 9 ans. Donc, pour cette raison, nous avons ciblé les filles de 9 ans », a précisé Dr. NAYO-APETSIANYI.
Il est également prévu à long terme la vaccination des garçons, puisque le virus du papillomavirus est à l’origine du cancer de la prostate chez les hommes.
Raphaël A.










