Lomé, le 20 avril 2026 -(©AfreePress)- À Zéglé Apéyéyémé, localité en pleine expansion située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, Lomé, l’accès à l’eau potable demeure une équation non résolue. En dépit de la présence d’un château d’eau censé améliorer la desserte, les populations continuent de faire face à des pénuries récurrentes et à une distribution irrégulière.
Une infrastructure insuffisante face à la pression démographique
Dans plusieurs quartiers de cette commune, les habitants décrivent un quotidien marqué par l’incertitude. L’eau, lorsqu’elle coule, le fait à des heures tardives ou de manière sporadique, contraignant les ménages à s’organiser dans l’urgence.
« Nous avons un château d’eau, mais nos robinets restent souvent à sec. Nous sommes obligés d’acheter de l’eau ou de parcourir de longues distances pour nous ravitailler », confie une résidente, évoquant une charge financière devenue insoutenable pour de nombreuses familles.
Selon les témoignages recueillis, la capacité de l’ouvrage apparaît aujourd’hui largement dépassée par la croissance rapide de la population. L’extension anarchique de nouveaux quartiers, souvent non raccordés au réseau, accentue davantage la pression sur les installations existantes.
Des promesses non tenues et un sentiment d’abandon
Pour le chef du quartier, Togbui Atsou Agbéssi Kossi Nékoussè IV, la situation actuelle trouve son origine dans les conditions de relogement des populations déplacées. Il pointe notamment la responsabilité de Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT).
« Lors de notre déplacement, il nous avait été promis des infrastructures de base. Aujourd’hui, le constat est amer. Nous faisons face à des pénuries d’eau, à l’absence d’électricité adéquate, à des conditions de vie précaires », déplore-t-il.
Il appelle à la construction de nouvelles infrastructures hydrauliques, notamment deux à trois châteaux d’eau supplémentaires, afin de répondre aux besoins croissants de la localité.
Des causes multiples : techniques, énergétiques et structurelles
Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces dysfonctionnements persistants. Il peut s’agir d’une pression insuffisante dans les canalisations, d’une capacité de stockage limitée, de coupures fréquentes d’électricité perturbant les systèmes de pompage, d’une planification urbaine insuffisante face à l’expansion démographique.
Dans ces conditions, de nombreux ménages se tournent vers des alternatives précaires, notamment les puits et forages, dont la qualité de la ressource reste incertaine.
Un risque sanitaire préoccupant
L’accès irrégulier à l’eau potable expose les populations à des maladies hydriques telles que le choléra, la typhoïde ou les diarrhées. Cette situation pèse particulièrement sur les femmes et les enfants, souvent en première ligne dans la corvée quotidienne d’approvisionnement.
Au-delà de la santé, c’est toute la vie socio-économique qui est impactée, freinant les activités génératrices de revenus et aggravant la vulnérabilité des ménages.
Un appel pressant à des solutions durables
Face à cette crise silencieuse, les populations de Zéglé Apéyéyémé lancent un appel aux autorités compétentes et aux structures en charge de l’eau pour. Elles leur demandent de renforcer les capacités de production et de stockage, d’étendre le réseau de distribution, d’améliorer la maintenance des infrastructures existantes, et de garantir un accès équitable à tous les quartiers.
Si la construction du château d’eau constituait un espoir, elle apparaît aujourd’hui comme une réponse partielle à un problème structurel plus profond.
À Zéglé Apéyéyémé, chaque goutte d’eau reste précieuse, et chaque jour sans eau renforce l’urgence d’une réponse durable. Entre résilience et attente, les habitants continuent de croire qu’un accès digne et continu à l’eau potable finira par devenir une réalité.
BLEWOUSSI René










